Tricher est-il acceptable dans le Sport ?

JO 2012 cycliste britannique tombe triche

C’est le débat actuel des JO et après de nombreux remous et articles qui ont inondés les médias et les réseaux sociaux. Tricher est-il acceptable dans le sport ?

Petite définition de la triche. Tricher : « La tricherie est le fait de ne pas respecter des règles pour profiter d’avantages. » – Wikipédia

L’appuie sur un point de règlement qui permet à des cyclistes de démarrer une nouvelle fois et de devenir champions olympiques est-il donc vraiment de la triche selon cette définition ? Non.

Le fait de perdre volontairement un match de poule pour être mieux classé et affronter des équipes moins fortes en phase finale est-il de la triche : consultez le règlement ! Je dirais que non.

Ces deux situations relèvent tout de même d’une bonne manière de mettre l’ensemble des chances de son côté pour l’emporter avec des avantages. Avantages qui sont d’ailleurs a la portée des autres concurrents, ce qui amène les sportifs égaux devant la « triche » et donc devant la possibilité de gagner !

Perdre en trichant et tricher pour perdre

Si l’on triche mais que l’on perd malgré ou même à cause de la triche, on peut se dire alors que cela est un juste retour de bâton. Quand un joueur gagne en trichant c’est une autre histoire, dans le sport évidemment encore davantage quand il y a un enjeu.

Le fait de faire exprès de perdre est-il de la triche ? Selon la définition pas entièrement, même si dans le cadre de la défaite des joueuses de badminton Chinoises, par exemple, il s’avère que perdre leur donnait l’avantage au classement pour la suite du tournoi. Une défaite dans l’objectif de « peut-être » gagner mais qui n’est cependant pas contraire au règlement du sport en question et donc difficilement assimilable à de la triche.

Sur ce point la prise de position s’impose et je prendrais pour exemple un sport ou la stratégie est souvent très importante, le basket (tiens donc).

En effet il n’est pas considéré comme de la triche de lever la main pour prendre une faute à la place de son coéquipier, de faire une faute pour arrêter le chronomètre, de conserver le ballon plus longtemps pour empêcher l’adversaire de le récupérer ou même de rater volontairement un lancer-franc pour, par exemple, obtenir un dernier shoot en fin de match ou une possession. Cela est un arrangement stratégique dans le jeu bien connu par l’ensemble des joueurs. Je vous renvoie d’ailleurs à une très belle action de Yao Ming en NBA qui rate son lancer-franc en touchant le cercle (obligatoire pour que le tir soit réglementaire), et qui transmet à son coéquipier dans l’espoir d’égaliser :

Je trouve personnellement le geste magnifique et dans les règles de l’art. Mais pour l’avoir vécu à un autre niveau il arrive parfois que les arbitres n’en pensent pas la même chose. Cela n’est pourtant pas une règle établie mais une question d’interpretation et de « justesse » de l’arbitrage du sport. En aucun cas de la triche.

Les deux cas des JO sont tout de même surprenants. Manipuler le règlement pour gagner, ok. Mais s’arranger pour perdre, alors ça jamais !

D’ailleurs le débat est lancé au basket pour les JO afin de ne pas affronter les USA dans les prochains tours : http://www.basketusa.com/news/122957/jeux-olympiques-lespagne-va-t-elle-faire-expres-de-perdre-contre-le-bresil/ (Basket USA). Nous verrons le résultat et si le CIO interviendra pour virer l’Espagne ou le Brésil pour avoir perdu volontairement. Point positif dans cette situation, les remplaçants des deux équipes auront certainement un temps de jeu plus important et pourrons profiter des JO pour faire des briques.

Triche et sanctions, un écart au règlement ?

Suite de la définition fournie par Wikipedia : « Lorsqu’on découvre que quelqu’un a triché, il est généralement sanctionné. »

C’est la que la définition est intéressante. La généralité est assez décevante puisqu’elle nous plonge dans l’obligation de penser que les « tricheurs » doivent être sanctionnés.
La manipulation du règlement à son avantage n’est pas de la triche en soit. Sanctionner l’utilisation d’une faille dans le règlement ce n’est donc pas respecter les règles mais en imposer de nouvelles au nom de la justice du sport. La sanction d’un athlète ou d’une personne qui sait manipuler les règles me paraît inconcevable. Que les règles changent et s’adaptent aux nouveaux usages et aux performances est important, mais il n’est pas normal de sanctionner un athlète qui maîtrise les rouages de son sport, même si il les utilises à mauvais escient, ou pour gagner.

De la même façon, je trouve quand même décevant de sanctionner des joueuses qui font exprès de perdre. Si vous n’appréciez pas qu’un sportif veule gagner à tout prix, ne demandez pas aux sportifs de faire de la compétition. Jouons tous pour l’or et sans classement.

Dans cette situation les arbitres et les juges ne sont également pas exempts de reproches. Ils appliquent parfois des consignes qui ne sont pas des règles sportives et qui sont motivés par d’autres sujets que les simples lois du sports. Je vous invite par exemple à consulter la compilation de Slate sur les différents cas de triche qui ont eu lieu pendant les JO 2012 de Londres et dont personne n’a parlé : http://www.slate.fr/life/60185/scandales-jo-badminton

Le droit de tricher

Avons-nous le droit de tricher ? Je laisse le soin aux philosophes de répondre à cela plus précisément sur 3 copies doubles et en 4h, mais je lancerai un pavé dans la mare en disant que si vous n’êtes pas le meilleur, vous avez le devoir de tricher. Ne pas le faire serait avouer que vos efforts ne servent à rien et que vous acceptez la défaite sans rien faire de plus qu’abdiquer. Les puristes nous diront qu’il faut travailler pour être meilleur, mais comme à l’école, quand on a pas travaillé et bien il faut parfois tricher !

Si les joueuses chinoises ont gagné leurs différents matchs de qualification, pourquoi n’auraient-elles pas le droit de saboter leur dernière représentation afin de s’assurer de remporter la compétition ? D’autant que comme je le disais plus haut cela n’est pas vraiment de la triche.

Je pense que la réponse est simple. Tout cela arrive parce qu’aujourd’hui les sportifs n’ont pas le droit de penser à la gagne. Ils ne sont qu’une distraction pour les millions de personnes qui sont venu payer leur place et qui veulent du spectacle. Tricher pour gagner est inconcevable si il n’y a pas de spectacle pour le quidame qui regarde la télévision.

Remarquez qu’une performance obtenue par un tricheur est souvent saluée comme exceptionnelle dès lors que la triche n’est pas connue, c’est la toute l’hypocrisie et toute la beauté de la triche. Et puis remarquez également que quand elle concerne notre équipe préférée la triche est souvent acceptable, dès lors qu’on ne la subit pas. Souvenez-vous…

La triche et les valeurs véhiculées par le sport

J’adhère sur le fait que tricher ce n’est pas une valeur qu’il faut véhiculer en générale même si je défends cela comme quelque chose de normal. Dans le sport il est avant tout important de se respecter, de respecter ses adversaires, les arbitres, les juges et surtout sa discipline. Mais il faut comprendre que la compétition et les règlements sont deux choses bien différentes. Ne pas respecter les règles mérite une sanction, réussir à jouer avec le règlement mérite que des questions soient posées. On ne peut cependant pas laisser les limites à l’approbation des arbitres, des comités d’organisation ou des spectateurs mécontents de ne pas voir le spectacle qu’ils attendaient. Cela est simplement une question de respect du sport et de ce qu’il représente aussi avant tout : la compétition entre les hommes pour la gloire et la reconnaissance.

Et le dopage dans tout ça ?

Je ne pouvais pas parler de triche sans parler du dopage. Que cela soit claire et résumé très rapidement, si vous n’êtes pas assez fort physiquement pour gagner une épreuve sportive, ne faite pas de sport. Si vous n’êtes pas capable d’accepter la défaite, ne faite pas de sport.

Le dopage est clairement considéré comme de la triche dès lors qu’il est indiqué dans les règlement. Je trouve dommage d’infliger à son corps une prise de produits dopants pour dépasser les limites. Vous avez atteint votre limite et celle des autres, abdiquez ou mettez-vous au ping pong, mais n’entrez pas dans la spirale infernale du dopage.

Je ne m’aventure pas plus loin. La simulation, les paris, les bookmakers et l’argent, les matchs truqués, autant de sujets liés…

Pour conclure je dirais que la triche est malheureusement (ou heureusement) une composante omniprésente dans le sport. Elle procure de l’adrénaline, nous met face à notre bonne conscience et peut parfois nous desservir. Maurice Sachs disait que « les tricheurs ne connaissent pas la vrai joie de gagner ». Je dirais qu’ils gagnent et que les perdant eux ne la connaisse pas avant que la supercherie ne soit découverte.

Tricher ou non sera toujours une question que nous nous poserons. Sachez que si vous êtes mauvais gestionnaire au monopoly et qu’il faut taper dans la caisse, servez-vous pendant que les autres joueurs ont le dos tourné, puis avouez-leurs à la fin, ils vous pardonnerons à moitié mais pas sûr qu’ils joueront avec vous la prochaine fois. Prenez-en bonne note.

A propos de Alexandre Sigoigne

Entrepreneur, co-fondateur de G4interactive et passionné par les TIC j'évolue dans le milieu des startups Parisiennes. Sportif et grande gueule, attention je triche au monopoly.

3 Comments

  1. Est-ce tricher de placer 50 fois les mots « triche » et « JO » dans un article pour le SEO ? Non 😉

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